Le monde célèbre ce mardi 28 avril 2026 la Journée Mondiale de la sécurité et de la santé au travail, une date clé dédiée à la sensibilisation sur la prévention des accidents professionnels et des maladies liées au travail. Des acteurs et défenseurs des droits humains plaident pour le respect des droits des travailleurs.
Instituée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT), cette journée vise à promouvoir des environnements de travail sûrs, sains et décents pour tous. Elle met en lumière les responsabilités partagées des gouvernements, des employeurs et des travailleurs dans la réduction des risques professionnels.
En République Démocratique du Congo, comme dans de nombreux pays en développement, les défis restent considérables. L’absence d’équipements de protection, le non-respect des normes de sécurité et le manque de formation exposent chaque jour des milliers de travailleurs à de graves dangers. Dans les secteurs minier, industriel et informel, les accidents de travail demeurent fréquents, parfois mortels.
Face à cette situation préoccupante, des experts en santé au travail appellent à un renforcement des politiques publiques et à une application stricte des lois existantes.
« La sécurité au travail ne doit pas être considérée comme un luxe, mais comme un droit fondamental », insiste un spécialiste du domaine.
Pour Amani Lwamba Shadrack, Président national du Parlement citoyen Baraza ya Raiya, cette journée constitue également un moment de réflexion pour les entreprises, invitées à investir davantage dans la prévention. Cela passe notamment par la formation du personnel, l’amélioration des conditions de travail et la mise à disposition d’équipements adaptés.
De son côté, le Parlement citoyen ASBL-DDH intensifie ses actions de sensibilisation et de plaidoyer. L’organisation appelle à :
• Promouvoir la prévention des risques psychosociaux et la santé mentale au travail ;
• Lutter contre le harcèlement sexuel qui affecte particulièrement les femmes et les jeunes filles en milieu professionnel ;
• Rappeler aux employeurs l’importance du respect des délais de paiement des salaires, essentiel pour la stabilité sociale et psychologique des travailleurs;
• Renforcer la sensibilisation sur les maladies professionnelles et les accidents liés au travail.

Pour Agnes Sadiki, Défenseure des droits de la femme en province du Sud-Kivu, la sécurité et le travail sont indissociables. Il est impossible de revendiquer ou de prétendre être en sécurité sans jouir d’une bonne santé. Or, parler de bonne santé implique nécessairement de parler du travail. C’est dans ce sens que l’on affirme que le travail contribue à garantir une bonne santé, à condition qu’il soit exercé dans des conditions saines.
« Le travail permet de maintenir l’homme en activité, de prévenir certaines maladies liées à l’inactivité et de favoriser le bien-être général. À l’inverse, l’inaction peut entraîner des conséquences néfastes sur la santé physique et mentale. Ainsi, toute personne, quelle que soit la nature de son activité, est appelée à être productive, dans la mesure où le travail doit être bénéfique non seulement pour l’individu, mais aussi pour sa famille et pour l’ensemble de la communauté », martele-telle.
Et de poursuivre :
« la question de la sécurité au travail demeure essentielle. Il est impératif de mettre en place des mécanismes efficaces pour protéger les travailleurs dans l’exercice de leurs fonctions. Dans les grandes entreprises, cela se traduit notamment par l’octroi de primes de risque, reconnaissant que chaque métier comporte des dangers susceptibles d’affecter la santé des employés ».
Cette défenseure des droits humains indique sans détour que les employeurs et responsables hiérarchiques ont l’obligation de veiller à la sécurité de leur personnel, en garantissant des conditions de travail sûres et respectueuses de la dignité humaine.
Elle ajoute que, le harcèlement au travail constitue une menace sérieuse pour la sécurité et le bien-être des travailleurs, en particulier des femmes et des jeunes filles. Certaines d’entre elles sont victimes de comportements inacceptables de la part de leurs supérieurs hiérarchiques, qui abusent de leur position pour les transformer en objets de plaisir. Cette situation doit être dénoncée et combattue avec fermeté afin de garantir un environnement de travail sain, équitable et sécurisé pour tous.
Par ailleurs, les organisations de la société civile encouragent les travailleurs à mieux connaître leurs droits et à signaler toute situation dangereuse. Elles plaident également pour un dialogue social renforcé afin de bâtir un environnement de travail plus sûr et plus équitable.
À noter que le thème retenu pour l’année 2026 par l’Organisation Internationale du Travail est : « Agissons pour un environnement de travail psychosocial sain et sécurisé ».
Hortence Furaha




