La chefferie de Ngweshe en territoire de Walungu au Sud-Kivu est reconnue pour sa richesse culturelle et son attachement aux valeurs traditionnelles. Malgré les défis socio-économiques et sécuritaires que connaît l’Est du pays, cette entité coutumière demeure un exemple de résilience et de vivre-ensemble.
Les membres des communautés de la chefferie de Ngweshe doivent briser la chaîne de conflits multiformes qui déchirent la cohésion sociale et le vivre-ensemble, un frein du développement local.
Une organisation coutumière au service de la cohésion
La chefferie de Ngweshe est dirigée par une autorité traditionnelle, héritière d’une longue lignée de chefs coutumiers. Cette entité décentralisée joue un rôle central dans la régulation sociale, la résolution des conflits et la préservation des traditions.
Les décisions importantes sont souvent prises de manière participative, à travers des réunions communautaires réunissant notables, leaders religieux, femmes et jeunes. Cette gouvernance de proximité favorise le dialogue et renforce la confiance entre les membres de la communauté.
La diversité comme richesse
Ngweshe regroupe plusieurs groupements et villages où cohabitent différentes sensibilités sociales, religieuses et culturelles. Le respect mutuel et la solidarité constituent les fondements du vivre-ensemble.
Les cérémonies traditionnelles, les mariages, les travaux communautaires (salongo) et les fêtes religieuses sont autant d’occasions qui rassemblent la population autour de valeurs communes telles que l’entraide, la tolérance et le respect des anciens.
Les mécanismes locaux de résolution des conflits
Dans un contexte régional parfois marqué par des tensions foncières ou communautaires, la chefferie privilégie les solutions locales. Les conflits sont d’abord traités au niveau familial ou villageois avant d’être portés devant l’autorité coutumière.
La médiation, le dialogue et la réparation symbolique priment sur la confrontation. Cette approche traditionnelle contribue à prévenir l’escalade des différends et à maintenir la paix sociale.
Le rôle des jeunes et des femmes
Les jeunes et les femmes occupent une place de plus en plus importante dans la promotion du vivre-ensemble. Des associations locales organisent des activités culturelles, sportives et éducatives visant à renforcer l’unité et à prévenir la violence.
Les femmes, souvent piliers des familles, jouent un rôle clé dans la transmission des valeurs de paix et de solidarité aux nouvelles générations.
Des défis persistants
Malgré ces efforts, la chefferie de Ngweshe fait face à plusieurs défis :
- La pression démographique et les conflits liés à la terre ;
- La pauvreté et le chômage des jeunes ;
- L’insécurité persistante dans certaines zones du Sud-Kivu.
Cependant, l’attachement aux mécanismes traditionnels de dialogue et à la cohésion sociale demeure une force majeure pour la communauté.
Un exemple de résilience locale
Le vivre-ensemble dans la chefferie de Ngweshe repose sur un équilibre entre tradition et adaptation aux réalités contemporaines. En valorisant la solidarité, le respect des coutumes et la participation communautaire, Ngweshe montre qu’il est possible de construire la paix à partir des structures locales.
Dans un contexte national souvent marqué par les divisions, l’expérience de Ngweshe rappelle que la cohésion sociale commence au niveau communautaire, là où les liens humains sont les plus forts.
HERI Gentil



