Dans la journée du 4 mars 2026, un drame mortel s’est produit dans le site minier de Kalingi, situé dans le village de Mazozo, chef-lieu du groupement de Baligi, en chefferie de Wamuzimu, dans le territoire de Mwenga.
Le bilan fait état de deux creuseurs artisanaux qui ont perdu la vie par asphyxie et d’un rescapé, selon Samuel Basubi, secrétaire du cadre de concertation de la société civile du bassin de Zalya, en chefferie de Wamuzimu.
Les victimes, décédées à la suite d’un manque d’oxygène au fond d’un puits d’extraction d’or, sont notamment Mukamba Wilonja et Mukambilwa Byemba, tous deux originaires de Bigombe, dans le groupement de Banakyungu.
Le rescapé, Muganza Mulonda, a été transféré d’urgence au centre de santé Tuungane pour des soins appropriés.
Face à la répétition de ces drames, le cadre de concertation de la société civile du territoire de Mwenga appelle le Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE) à jouer pleinement son rôle, notamment dans l’encadrement, l’assistance et la formalisation des exploitants miniers artisanaux, malgré le contexte difficile, étant donné que ces derniers paient des taxes à l’État congolais.
« Aujourd’hui encore, nous venons de perdre deux jeunes dans un village. C’est vraiment douloureux : ils laissent des enfants orphelins et des femmes veuves, c’est très choquant. Nous demandons aux services compétents de ne pas se contenter seulement de recouvrer les taxes, mais d’instaurer un système de sensibilisation afin d’apprendre aux exploitants artisanaux leurs tâches, le respect du Code minier, etc. », a renchéri Bienfait Fazili Mulonda Walubanda, président de la société civile en chefferie de Wamuzimu.
Quid du Code minier face à l’exploitation artisanale ?
La Loi n°18/001 du 9 mars 2018 portant Code minier (révision du Code minier en République démocratique du Congo) contient plusieurs dispositions visant la protection juridique, sociale et sécuritaire des creuseurs artisanaux. Ces protections concernent notamment l’organisation du travail, la sécurité, les droits économiques et la lutte contre l’exploitation abusive.
« Le Code minier impose que l’exploitation artisanale respecte certaines règles : sécurité dans les puits et galeries, prévention des accidents miniers, respect de l’environnement et interdiction du travail des enfants dans les mines », lit-on dans la loi.
Et d’ajouter
« Les autorités minières doivent contrôler ces aspects. Le SAEMAPE doit former les creuseurs, améliorer la sécurité et organiser l’activité artisanale. »
Il sied de rappeler que l’asphyxie demeure l’un des principaux fléaux dans les mines du territoire de Mwenga.
Gabriel ACIRUSHOKOLIRE




