Située dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu, la chefferie de Ngweshe est l’une des plus importantes entités coutumières de l’Est de la République démocratique du Congo. Composée de 16 groupements et plusieurs villages, elle repose sur une organisation traditionnelle dirigée par le Mwami Ndatabaye Weza III et appuyée par différents acteurs communautaires.
Dans cette organisation, les cadres de base jouent un rôle essentiel dans la promotion de la participation citoyenne. Ils constituent le premier niveau de contact entre les autorités locales et la population.
Qui sont les cadres de base ?
Les cadres de base regroupent notamment les chefs de villages, les chefs de localités, les responsables des comités locaux de développement, les leaders communautaires, les représentants des jeunes, des femmes ainsi que les membres de la société civile.
Leur mission principale consiste à relayer les préoccupations des habitants auprès des autorités coutumières et administratives tout en mobilisant la population autour des initiatives de paix et de développement communautaire.
Une participation citoyenne qui se construit au quotidien
Dans plusieurs villages de Ngweshe, la participation citoyenne s’exprime à travers les réunions communautaires, les travaux d’intérêt collectif, les campagnes de sensibilisation et les consultations populaires organisées autour des questions de développement local.
Les cadres de base avec l’appui des médias locaux facilitent également le dialogue entre la population et les autorités lors de l’élaboration des projets communautaires. Cette dynamique a notamment été observée lors des discussions autour du Plan Local de Développement de la chefferie, un document qui définit les priorités de développement sur plusieurs années.
Les médias font la vulgarisation de ce document afin que la population aie sa connaissance et informent sur l’évolution de la réalisation des activités en faveur de la communauté bénéficiaire.
Le rôle des comités locaux de développement
Les Comités Locaux de Développement (CLD) figurent parmi les principales structures de participation citoyenne dans la chefferie. Ils permettent aux habitants d’identifier leurs besoins prioritaires et de participer à la gestion des projets communautaires.
Dans certains groupements, ces structures contribuent à la gestion des infrastructures communautaires, à la mobilisation des ressources locales et au suivi des actions de développement. Toutefois, leur fonctionnement nécessite une gestion transparente afin de maintenir la confiance de la population. Des cas de mauvaise gestion signalés dans certaines localités ont d’ailleurs conduit les autorités coutumières à intervenir pour renforcer la redevabilité et la transparence. En cas de récidive le chef de chefferie procède à une reconfiguration en replaçant des dirigeants défaillants y compris des présidents des marchés, centres de négoce et commerciaux pour plus d’efficacité dans la gestion quotidienne.
Les cadres de base face aux défis de la gouvernance locale
Malgré leur importance, les cadres de base sont confrontés à plusieurs difficultés. Parmi celles-ci figurent le manque de moyens financiers, l’insuffisance de formations en gouvernance locale, la faible participation de certaines catégories sociales ainsi que les défis sécuritaires qui affectent plusieurs zones de l’Est de la RDC.
À cela s’ajoute parfois une faible culture de redevabilité et de contrôle citoyen qui limite l’efficacité de certaines initiatives communautaires.
Une contribution à la cohésion sociale
Au-delà des questions de développement, les cadres de base jouent également un rôle important dans le maintien de la cohésion sociale et la cohabitation pacifique des membres des communautés. Ils participent à la médiation des conflits locaux, à la promotion du vivre-ensemble et à la sensibilisation de la population sur les valeurs de paix et de solidarité.
Selon plusieurs observateurs locaux, la chefferie de Ngweshe demeure un espace où les mécanismes traditionnels continuent de favoriser le dialogue communautaire malgré les défis socio-économiques et sécuritaires auxquels la région est confrontée.
Vers un renforcement de la participation citoyenne
Pour plusieurs acteurs du développement local, le renforcement des capacités des cadres de base apparaît aujourd’hui comme une nécessité. La formation en leadership communautaire, la promotion de la transparence dans la gestion des ressources locales et l’implication accrue des femmes et des jeunes constituent des pistes importantes pour améliorer la gouvernance participative.
La participation citoyenne reste ainsi un levier essentiel pour permettre à la population de Ngweshe de contribuer activement à la gestion de ses affaires locales et à la construction d’un développement durable.
HERI Gentil


