Dans plusieurs communautés, les mots deviennent parfois des armes. Des paroles chargées de haine, véhiculées dans les rues, sur les réseaux sociaux ou lors de rassemblements, contribuent à la fragilisation du vivre-ensemble et exacerbent les tensions communautaires. Ces discours de haine ciblent le plus souvent l’origine, l’appartenance ethnique, les opinions ou la situation sociale de certaines personnes.
Selon des acteurs de la société civile, les discours de haine créent un climat de méfiance, nourrissent la peur et peuvent, à la longue, déboucher aux violences.
Ils se propagent rapidement en période de crise, lorsque les populations sont déjà fragilisées par l’insécurité, la pauvreté ou l’absence d’informations fiables.
Joint par votre rédaction à ce sujet ce mercredi 17 décembre 2025, Amani Lwamba Shadrack, l’un des acteurs sociaux du groupement de Karhongo/Nyangezi en territoire de Walungu, indique que les discours de haine sont comparables au carburant qui alimente les tensions communautaires.
Pour cet acteur social, la banalisation de ces propos constitue un véritable signal d’alarme.
« Les jeunes, particulièrement actifs sur les réseaux sociaux, en sont les plus grands propagateurs et deviennent ainsi parfois des relais involontaires de ces messages haineux qui encouragent l’exclusion et la violence verbale », a-t-il renchéri.
Face à cette menace sociale, les organisations locales doivent redoubler d’efforts en matière de sensibilisation, de dialogue communautaire et d’éducation à la paix, en se servant des médias indépendants afin de déconstruire les messages haineux, a-t-il poursuivi
Signalons que lutter contre les discours de haine, c’est prévenir les conflits et préserver la paix au sein des communautés. Les mots peuvent blesser, diviser et enflammer les tensions communautaires, mais ils peuvent aussi rassembler et apaiser la population.
« À tout un chacun de choisir ceux qui construisent la paix et non la haine », conclut notre source.
Cet article est réalisé dans le cadre du projet d’appui à la participation citoyenne et prévention des conflits en chefferie de Ngweshe. Il est exécuté par la Radio Communautaire la Colombe en collaboration avec la Synergie des Médias pour l’Union des Forces (SYMUF) grâce au financement de la Coopération Suisse.
Emmanuel BASHOMBANA




